Croire en faisant

Un sanctuaire celtique tel qu’il pourrait être aujourd’hui : un enclos palissadé, un temple en bois, un groupe en vêtements modernes autour d’un feu, un officiant versant une libation.
Un sanctuaire celtique tel qu'il pourrait être aujourd'hui : un enclos palissadé, un temple en bois, un groupe en vêtements modernes autour d'un feu, un officiant versant une libation.
Image d’illustration.

MIĐ CANTLOS VI, 3898 MT

Sur la page d’accueil de ce blog, je me suis présenté ainsi : Druide, par ma fonction et mon sacerdoce, et credimaros, avant toute autre chose, car avant le Druide, il y a l’homme. Le mot est passé sans explication, comme tant d’autres. Il désigne, dans notre usage, le croyant : celui qui n’est pas sacerdote, celui qui compose, avec les Druides, la communauté. Le sacerdote d’un côté, le croyant de l’autre ; l’un fait, l’autre croit. La distinction paraît naturelle. Elle ne l’est pas, et c’est ce que je voudrais examiner ici.

Car quelque chose cloche. Ce que nous savons des sociétés antiques, celtique, romaine ou grecque, tient presque entièrement au faire : ce qu’on offrait, à qui, quel jour, dans quel ordre. Le croire, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, l’adhésion intérieure à des propositions sur les Dieux, n’y apparaît presque jamais, et jamais comme ce qui fait de quelqu’un un membre de la communauté. Que faire, alors, d’un mot qui semble nommer le croyant par ce que les anciens ne demandaient à personne ? Et que penser de la tentation, qui vient tôt ou tard à quiconque reconstruit, de fixer par écrit ce que nous croyons ? Les deux questions n’en font qu’une, et la première répond à la seconde.

Ce que le bronze dit

Commençons par ce qui est écrit. Le gaulois qui nous est parvenu est une langue d’actes. Sur la pierre d’Alise, Martialis fils de Dannotalos ieuru, « a offert », à Ucuetis ce bâtiment. À Vaison, Segomaros eiōrou, « a dédié », à Belisama ce sanctuaire. Sur les poteries, avot, « a fait ». Sur une tombe de Todi, karnitu, « a élevé ». Dans le sud, sur les dédicaces en lettres grecques, une formule revient : dede bratoude dekanten, « a donné, en reconnaissance, la dîme ». Et sur le plomb de Chamalières, une voix à la première personne, la seule ou presque : uediiumi, « j’invoque ».

Offrir, donner, faire, élever, invoquer. Aucune inscription ne dit « je crois ». Le verbe croire, creddi-, nous ne l’avons que par reconstruction, à partir de l’irlandais ancien cretid, du gallois credu, du breton krediñ : il est solide, mais il n’est gravé nulle part. Ce n’est pas un hasard. On grave ce qui compte, ce qui doit durer, ce qui engage devant les Dieux et devant les hommes. Ce qui comptait, c’était l’acte. Segomaros, « grand par la victoire », n’a pas laissé une profession de foi ; il a laissé un sanctuaire.

Poser son cœur

Regardons pourtant de plus près le mot qui n’a pas été gravé. Creddi- n’est pas isolé : c’est le même mot que le latin credo, l’irlandais cretid, le sanskrit śraddhā. Tous remontent à une formule indo-européenne, ḱred-dʰeh₁-, que l’on rend d’ordinaire par « poser son cœur ». Que le premier terme soit bien le cœur, les linguistes en discutent encore ; le second ne fait aucun doute : dʰeh₁-, poser, placer, déposer. Croire, à l’origine, ce n’est pas tenir quelque chose pour vrai. C’est déposer quelque chose de soi auprès de quelqu’un.

Émile Benveniste a consacré à cette racine un chapitre de son Vocabulaire des institutions indo-européennes, sous un titre qui dit tout : « Créance et croyance ». Le kred est un dépôt que l’on confie à un Dieu ou à un homme, dans l’attente d’un retour. C’est la même famille que crédit et créancier ; on y engage quelque chose. Et la śraddhā des rituels védiques n’est pas une opinion sur les Dieux : c’est la confiance dans l’efficacité du rite, ce qui fait que le sacrifice opère. Sans elle, l’offrande n’est qu’un geste vide ; avec elle, le geste est plein. La croyance, ici, n’est pas ce qui précède l’acte. Elle est ce qui est mis dans l’acte.

Ce sens s’est perdu, et l’on sait à peu près comment. Le Credo chrétien a fait de « je pose mon cœur » l’ouverture d’une liste de propositions à tenir pour vraies, et le croyant est devenu celui qui les tient. Wilfred Cantwell Smith a montré que l’anglais believe lui-même signifiait « tenir pour cher, être fidèle à » avant de signifier « penser vrai », et que ce glissement est récent. Le sens que nous prêtons aujourd’hui au mot croire est le plus jeune de son histoire. Quand nous lisons credimaros comme « celui qui croit », nous lisons un mot ancien avec des yeux modernes.

Credimaros, « grand en kred » : celui qui pose beaucoup de son cœur. Le mot se range parmi les noms gaulois en -maros, Segomaros, Nertomaros, Catumaros, grand par la victoire, par la force, par le combat. Ces noms ne disent pas ce que l’on pense ; ils disent ce dont on est grand. Credimaros, à ce compte, ne désigne pas quelqu’un qui tient des croyances. Il désigne quelqu’un qui s’engage beaucoup.

Exclu du sacrifice, non de la croyance

Que disent les sources de celui qui, en Gaule, n’était pas Druide ? Peu de chose, et cette petite chose est nette. César rapporte que la peine la plus grave que les Druides puissent prononcer est l’exclusion des sacrifices : ceux qui en sont frappés « sont comptés parmi les impies et les scélérats ; tous s’écartent d’eux, fuient leur approche et leur parole » (Guerre des Gaules, VI, 13). On n’est pas exclu pour avoir mal pensé. On est exclu du faire, et cette exclusion est une mort sociale. Être de la communauté, c’est être admis au sacrifice.

Le même César écrit que la nation gauloise est admodum dedita religionibus (VI, 16). On traduit d’ordinaire « très religieuse », parfois « très superstitieuse ». Mais religio, en latin, n’est pas la foi : c’est le scrupule, l’observance, ce qui oblige ; Cicéron le tire de relegere, reprendre avec soin. Les Gaulois de César sont un peuple très attaché à ses observances, ce qui n’est pas la même chose qu’un peuple qui croit beaucoup. Diodore note qu’on ne sacrifie jamais sans un « philosophe », parce que l’offrande doit passer par des mains qui connaissent la nature du divin (V, 31). Et Pline, décrivant la cueillette du gui, montre la communauté tout entière à l’ouvrage : on amène les deux taureaux blancs, on prépare le sacrifice et le banquet sous l’arbre (Histoire naturelle, XVI, 249-251).

Rome, que nous connaissons mieux, confirme le tableau. John Scheid a donné à l’un de ses livres un titre qui pourrait servir d’enseigne à tout ce qui précède : Quand faire, c’est croire. La religion romaine n’a ni dogme, ni catéchisme, ni profession de foi ; on y croit en accomplissant, et l’acte accompli correctement est la croyance tout entière. L’anthropologue Jean Pouillon a fait une remarque plus troublante encore : dire « je crois aux Dieux » suppose que l’on pourrait ne pas y croire. Les peuples qu’il étudiait ne croyaient pas à leurs esprits ; ils avaient affaire à eux, comme on a affaire à la pluie. La croyance, au sens moderne, n’apparaît que là où le doute est devenu possible. Les anciens n’avaient pas besoin de croire aux Dieux : ils vivaient avec eux.

Ce qu’ils croyaient tout de même

Il serait facile, à partir de là, d’écrire que les Gaulois ne croyaient à rien, qu’ils faisaient, et voilà tout. Ce serait faux, et ce serait s’arrêter au slogan. César encore : les Druides « veulent avant tout persuader que les âmes ne périssent pas, mais passent après la mort d’un corps dans un autre ; et ils pensent que c’est ce qui excite le plus au courage, la peur de la mort étant écartée » (VI, 14). Il y a là une doctrine, transmise, enseignée. Il y a aussi, quelques lignes plus loin, la conviction que la puissance des Dieux ne s’apaise que si une vie est rendue pour une vie (VI, 16). Les Gaulois croyaient des choses.

Mais regardons comment César en parle. La doctrine des âmes vaut par ce qu’elle produit, le courage ; la conviction sur les Dieux vaut par ce qu’elle commande, l’offrande. Le croire n’est pas absent. Il est logé dans le faire, tourné vers lui, et il n’a jamais servi à trier qui appartient et qui n’appartient pas. Personne ne demandait au guerrier s’il adhérait sincèrement à la transmigration des âmes. On lui demandait de se battre, et de venir au sacrifice. C’est cette place du croire qu’il faut retenir : implicite, engagé dans l’acte, jamais mis en articles. Non pas « faire au lieu de croire », mais croire en faisant.

Entrer par l’autre porte

Reste une difficulté, et c’est la nôtre. Le Gaulois naissait dans les gestes. Il n’avait pas à croire d’abord ; il apprenait à faire, et le croire venait avec, sans qu’on ait à le nommer. Nous arrivons par l’autre bout. Presque plus personne aujourd’hui ne naît dans notre Tradition. On y entre par un choix, souvent tard, souvent seul, et ce choix ressemble à s’y méprendre à un acte de croyance au sens moderne : on a d’abord tenu quelque chose pour vrai, ou pour juste, et l’on est venu.

Il faut le dire sans détour : le reconstructionniste, quand il frappe à la porte, est un croyant au sens où les anciens ne l’étaient pas. C’est le prix de la rupture. Mais c’est ici que le mot ancien nous rattrape. Ce choix, ce pas vers une religion qui n’est plus celle du monde autour de nous, qu’est-ce d’autre que poser son cœur ? Un engagement, un dépôt, quelque chose de soi confié aux Dieux dans l’attente d’un retour. Le geste du seuil est déjà le geste du kred. Il n’a rien d’une opinion.

Et puis vient le reste, qui est tout. Le calendrier que l’on tient, les mois que l’on nomme, les jours que l’on compte par nuits. Les offrandes. Les fêtes à leur place dans l’année, et non à la place que le monde leur laisse. Les rites, publics et privés. Jour après jour, ce faire-là fabrique le credimaros ; il finit par loger en nous ce que les anciens n’avaient jamais eu besoin de nommer. On ne devient pas credimaros en croyant. On le devient en faisant, et le croire vient ensuite habiter le geste, comme il l’a toujours fait. C’est ce que j’appelais, dans le premier article de ce blog, incarner le temps. Être croyant, chez nous, ce n’est pas tenir des propositions : c’est tenir des gestes, et y mettre son cœur.

Ce que l’on grave, ce que l’on laisse libre

Il y a une tentation qui découle directement de ce qui précède. Puisque nous sommes entrés par le croire, la pente naturelle est de vouloir fixer ce croire : écrire ce que nous tenons pour vrai, le rendre immuable, en faire la condition pour être des nôtres. Un credo, au sens plein. Je comprends d’où vient ce désir ; toute communauté a besoin d’un point fixe, de quelque chose qui la tienne et qui la protège de la dérive. Mais je n’arrive pas à me faire à l’idée que ce point fixe doive être une pensée. Normer le faire, oui. Normer le croire, c’est nous enfermer.

Là encore, les anciens ont tranché avant nous, et dans un sens très net. Ils fixaient, avec une rigueur que nous aurions peine à imaginer : les Romains lisaient la prière sur un texte pour n’en pas changer une syllabe, un souffleur la dictait, un joueur de flûte couvrait les bruits, et la moindre faute obligeait à recommencer le rite entier. Les Druides faisaient apprendre par cœur, vingt années durant, des vers qu’on s’interdisait d’écrire. Le calendrier de Coligny est un bronze : ce que l’on a gravé pour durer, c’est quand faire. Mais tout ce qui était intouchable était de l’ordre du geste. La seule doctrine gauloise que nous connaissions, celle des âmes qui passent d’un corps à l’autre, César l’introduit par un verbe qu’il faut peser : les Druides « veulent persuader ». Persuader, non prescrire. On enseigne une pensée ; on ne l’exige pas. Et pour cause : une croyance ne se vérifie pas. On peut voir si quelqu’un est venu au sacrifice ; on ne peut pas voir ce qu’il pense en y venant. Pour le savoir, il faudrait interroger les consciences, et ce jour-là on aurait changé de religion.

Il y a plus. C’est parce que le faire était fixé que le croire pouvait rester libre. Cicéron, augure, doutait de la divination et n’en tenait pas moins les rites. Les philosophes grecs discutaient les mythes et sacrifiaient comme tout le monde. L’unité n’était pas dans les têtes, elle était dans les gestes, et c’est ce qui permettait aux têtes d’être diverses. Une communauté qui n’a pas de règle du faire est condamnée à surveiller la pensée pour tenir ensemble ; une communauté qui en a une peut laisser la pensée aller. L’orthopraxie n’est pas une contrainte de plus : elle est ce qui rend la liberté possible.

Il y a enfin une raison qui nous est propre. De tout ce que nous reconstruisons, la théologie est la part la moins fondée. Nous avons des noms de Dieux, des calendriers, des formules d’offrande, des gestes ; nous n’avons presque rien de ce que les Gaulois pensaient de leurs Dieux. Fixer un credo, ce serait rendre immuable ce que nous connaissons le moins, alors que nous nous sommes engagés, jusque dans nos mots, à corriger tout ce qui doit l’être le jour où le socle bouge. Ce que nous pouvons mettre hors de révision, c’est une règle : que notre faire repose sur ce qui est attesté, et que le reste demeure corrigeable. On sanctuarise la manière d’établir, non ce qui est établi. Ce blog l’a dit dès sa première page : proposer une Doctrine, non imposer un dogme. Le reste, ce que chacun met dans le geste, ce qu’il y comprend, ce qu’il y espère, est son cœur posé ; et cela ne regarde que lui et les Dieux.

D’où vient l’envie de graver

Mais d’où vient ce désir, chez nous précisément ? Il n’est pas sot, et il est le nôtre avant d’être celui de quiconque. Nous avons tous grandi dans un monde où une religion est ce que l’on croit. C’est la première question qu’on nous pose, et souvent la seule : « qu’est-ce que vous croyez ? » Personne ne demande à qui nous sacrifions, ni quel jour. Le credo est la forme que la religion a prise dans notre enfance, et l’on garde la forme d’une chose longtemps après l’avoir quittée. Nous avons quitté une religion ; nous n’avons pas toujours quitté son moule. Vouloir un credo, quand on reconstruit une religion qui n’en a jamais eu, c’est le réflexe le plus étranger à ce que nous reconstruisons, et le plus naturel à ce que nous sommes.

Il y a une raison plus profonde encore de s’en méfier. Jan Assmann a montré que la distinction entre vraie et fausse religion est une invention du monothéisme. Avant elle, les polythéismes ne connaissaient pas de faux Dieux : ils connaissaient des Dieux qu’ils n’avaient pas encore nommés, et ils les traduisaient, Lugus en Mercure, Mercure en Lugus. Un credo est un mot au singulier ; il dit une vérité, et par là même il dit une erreur. Les Dieux, eux, sont au pluriel. Une religion à plusieurs Dieux appelle plusieurs manières de les comprendre, et une seule manière de les honorer. C’est l’inverse exact d’un credo, qui laisse libre la manière d’honorer et fixe la manière de comprendre.

Et il faut regarder ce qu’un credo produit, dès qu’il existe. Il produit l’hérétique. L’Antiquité ne connaissait que l’impie, celui qui ne fait pas ; elle ignorait celui qui fait tout correctement et pense un peu autrement. L’hérésie naît avec le credo, elle en est le premier fruit, et avec elle viennent les querelles de mots, les partages, les exclusions de gens sincères qui sacrifiaient pourtant comme tout le monde. D’autres ont pris ce chemin avant nous ; on sait où il mène. Vouloir un credo, c’est se donner des hérétiques.

Il produit autre chose, plus discret : il demande au nouveau venu de dire « je crois » avant d’avoir rien fait. C’est l’inversion moderne, dont nous souffrons déjà, érigée en règle. La voie ancienne dit le contraire : viens, fais, apprends ; ce que tu penseras viendra, et ce sera le tien.

Je sais que ceux qui veulent graver un texte le font souvent par fidélité à ceux qui l’ont écrit. Cette fidélité est juste ; c’est son objet qui est mal choisi. Ceux qui nous ont précédés ont fait, eux aussi, un choix à un instant donné, avec ce qu’ils savaient, et ils auraient été les premiers à le corriger. On leur est fidèle en continuant leur geste, non en figeant leurs mots. Un texte peut demeurer, et demeurer précieux : comme enseignement, que l’on transmet, que l’on discute, que l’on amende. Non comme serment.

Reste la crainte, légitime, de la dérive : sans texte fixé, tout serait-il permis ? Non, et les anciens répondent encore. Ce qui protège une religion du faire, c’est une règle du faire, et elle peut être aussi exigeante que l’on veut : le calendrier, les fêtes à leur date, la forme des offrandes, ce qu’un rite doit contenir, qui peut faire quoi. Et c’est l’enseignement, ce que les Druides font depuis toujours : persuader, patiemment, d’un maître à un élève. La cohérence vient de la transmission, non du serment. Exigeants sur le geste, libres sur la pensée : c’est le couple ancien, et il a tenu des siècles sans qu’on ait eu besoin d’écrire une ligne de ce qu’il fallait croire.

Un cœur que l’on exige n’est pas un cœur posé. Ceux qui voudraient graver ce que nous croyons n’ont pas tort de vouloir graver ; ils se trompent sur ce qu’il faut graver, et les anciens nous ont laissé des éléments de compréhension pour le savoir. Ce chemin-là, nous le connaissons : c’est celui que nous avons quitté.

Le Druide, alors

Si le croyant n’est pas celui qui croit, qu’est-ce qui le distingue du Druide ? Non pas la croyance : le Druide n’a pas plus de foi, et il n’en a pas d’autre. La distinction est de compétence et de fonction. Le Druide est celui qui sait faire correctement : qui tient le calendrier, la loi, la mémoire ; qui a passé les années d’apprentissage, vingt parfois, dit César, à retenir ce qui ne s’écrit pas ; celui sans qui, dit Diodore, on ne sacrifie pas, parce que l’offrande doit passer par des mains qui savent. Le credimaros fait ; le Druide fait, et détient la règle du faire. Tous deux sont dans l’acte. L’un en garde la justesse. Et sur la pensée, le Druide n’a qu’un pouvoir, celui que César lui reconnaît : persuader. Il enseigne ; il ne fait pas réciter.

Et tous deux posent leur cœur. C’est pourquoi je peux écrire, sans contradiction, que je suis credimaros avant d’être Druide. Le sacerdoce est une fonction qui se reçoit et qui s’exerce ; le kred est ce que l’on y met, et il ne se reçoit de personne. Avant le Druide, il y a l’homme ; avant la fonction, il y a le cœur posé. Le mot que nous employons ne nommait pas une opinion. Il nommait, depuis toujours, un acte. Il nous suffit de l’entendre à nouveau.

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